Les troubles musculosquelettiques : définitions, signes et symptômes et risques ergonomiques
Publié le 05. juil, 2011 par L'équipe Entrac dans Articles d'expertise
Si vous intervenez en santé sécurité, en ressources humaines, en réadaptation ou en production, vous avez sûrement déjà entendu le terme « troubles musculosquelettiques » (TMS). Par exemple, on inclut dans les TMS, la tendinite, la bursite, le syndrome du canal carpien, la ténosynovite et autres blessures des structures musculaires et squelettiques du corps humain.
Pour vous aider, nous vous proposons de définir les principaux TMS et de faire les liens avec leurs signes et symptômes spécifiques ainsi que les facteurs de risque pouvant être reliés à ceux-ci. Nous croyons qu’une meilleure compréhension des TMS peut vous aider à les prévenir.
Qu’est-ce qu’un TMS ?
Par définition, un TMS est le résultat d’une surutilisation d’une structure de l’appareil musculosquelettique, comme un muscle, un tendon ou un ligament. Afin de brosser un portrait global, voici une description vulgarisée des principaux troubles musculosquelettiques.
Une tendinite désigne l’inflammation ou l’irritation d’un tendon. Les tendons sont les structures situées aux extrémités des muscles et ils ont pour rôle d’attacher les muscles aux os.
L’épicondylite et l’épitrochléite sont des tendinites au coude. L’épicondyle et l’épitrochlée sont des régions osseuses situées respectivement à l’extérieur et à l’intérieur du coude. Donc, les termes épicondylite et épitrochléite désignent l’inflammation ou l’irritation des tendons s’attachant sur ces régions.
La ténosynovite de De Quervain est un TMS qui touche le pouce. Le terme ténosynovite désigne l’inflammation de l’enveloppe (gaine synoviale) dans laquelle les tendons sont enfermés.
Le syndrome du canal carpien est une problématique du poignet qui amène des douleurs au niveau de la main et du poignet. Le syndrome du canal carpien est en fait une compression du nerf médian qui passe dans le canal formé par les os du poignet appelé os du carpe. Le nerf médian innerve le pouce, l’index, le majeur et l’auriculaire.
Le terme entorse désigne une affectation à un ligament. Les ligaments sont les structures qui attachent les os ensemble dans une même articulation.
Une bursite est une inflammation d’une bourse séreuse située entre un tendon et un os ou entre deux tendons. Les bourses séreuses sont des petits sacs facilitant le déplacement des tendons et prévenant la friction sur la surface des os.
Les 2 modes de production d’un TMS
Il existe deux modes de production d’un TMS. Dans un premier temps, un TMS peut être causé par un évènement soudain et intense qui dépasse les capacités de la structure. Cette demande trop importante pour la structure cause directement la lésion. Par exemple, un travailleur qui tente de soulever une charge trop lourde pour ses capacités pourrait se blesser en raison de l’intensité trop élevée de la tâche, comme démontré sur le schéma ci-dessous.
Dans un deuxième temps, un TMS peut être causé par une succession d’évènements qui amène une incapacité de la structure à récupérer. Malgré le fait que l’intensité de la tâche soit en deçà des capacités du travailleur, la structure n’est toutefois pas en mesure, pour divers facteurs, de récupérer complètement. L’accumulation de la fatigue dans le temps amène une diminution des capacités de la structure à effectuer l’effort, ce qui favorise l’apparition progressive de la lésion.

Synthèse des signes et symptômes et des facteurs de risque associés
Une articulation devient douloureuse, une douleur irradie à travers le membre, il y a inflammation, gonflement, enflure, rougeur, sensibilité au toucher ; ce sont là des signes et des symptômes de la présence d’un TMS.
Le terme « signe » désigne ce qui est perceptible à l’oeil, par exemple, la présence d’une rougeur localisée à une articulation. Le terme « symptôme » désigne ce qui est ressenti par la personne blessée, par exemple, une douleur au poignet.
Un facteur de risque est une condition présente dans le milieu de travail qui « peut » être liée à un trouble de santé. La présence d’un facteur de risque ne signifie pas qu’il y aura nécessairement une blessure, mais il en augmente le risque d’apparition.
Tableau synthèse des signes, symptômes et facteurs de risque de quelques TMS
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TMS |
Signes et symptômes |
Facteurs de risque |
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Tendinite |
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Épicondylite / Épitrochléite |
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Ténosynovite de De Quervain |
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Syndrome du canal carpien |
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Entorse |
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Bursite |
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Conséquences, impacts et solutions
Les TMS ont de nombreuses conséquences directes et indirectes pour les employés et les entreprises qui les emploient. On n’a qu’à penser à la perte de ressources spécialisées et aux heures à investir pour les remplacer, aux coûts importants de CSST imputés pour l’indemnisation (IRR) et les frais médicaux, à la perte de productivité, aux coûts de gestion, au climat de travail influencé par le mécontentement engendré par la blessure et la surcharge de travail qui en résulte pour les autres travailleurs.
Pour avoir du succès face aux TMS, vous devez agir. Il ne vous sert à rien de laisser aller la problématique reliée aux TMS en pensant que celle-ci se résorbera au bout de quelque temps. Vous ne faites pas face à un virus comme la grippe que l’organisme réussit à combattre. Pour mieux contrôler et diminuer les TMS, nous vous recommandons une approche active en prévention et en réadaptation.
De ce fait, vous devez reconnaître le plus tôt possible la présence des TMS, identifier les facteurs de risque et préconiser une approche de réadaptation/prévention complète qui ciblera des actions autant pour le travail à risque que pour l’employé blessé. Au-delà de l’approche thérapeutique conventionnelle concentrée autour de la lésion, il faut agir sur les éléments à la source de la problématique : la relation entre le travail (équipements, aménagement, outils, organisation, etc.) et l’humain, les capacités physiques du travailleur à répondre aux exigences de la tâche et les méthodes de travail utilisées pour accomplir les tâches.
Au plaisir de vous aider,
Daniel Morin, CRHA
Directeur services en entreprise
L’équipe Entrac
Tous droits réservés © Entrac inc
1- Parthy, L., Rossignol, M., Costa, M-J., Baillargeon, M. 1997, Guide pour le diagnostic des lésions musculosquelettiques attribuables au travail répétitif. Volume 1-23. Montréal, Institut de recherche en santé et sécurité au travail, 33-26-43 p.
